Oursin – Les ancêtres

Morada

Partition d’après mon texte « Postoursin – les ancêtres ». Musique: Germán Bringas – « Oscura »Pour la regarder, veuillez bouger votre écran d’un haut vers le bas plusieurs  et écoutez le son ci-dessus. Puis veuillez l’interpréter comme ça vous plaira.

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« Mon père décida d’aller nager dans la mer et mettre en pratiques ses capacités de bon nageur. Pourtant, déjà assez éloigner du bord, un fort courant l’empêcher des plus en plus de retourner et il se voyait chaque fois plus seul et confiné a une vaste masse d’eau.

Au bout de la lutte à contrecourant,  la fatigue insurmontable le rendu incapable de continuer et il décida de lâcher prise. Le courant lui rendu près d’une rochée couverte par plein d’oursin et étant, à son avis, le seul espoir de ne pas se noyer, il la prit.

Couvert par les épines d’oursin, mon père avait éprouvé  un petit gout de sa propre mort, et pourtant grâce à la douleur des épines d’oursin il eut accès a une reprise de sa vie.

C’est comme ça que les oursins ont devenu un de mes ancêtres les plus précieux. »

D.T.

Beaumer, ce qui me reste de vingt étés

Ce – Moir – est une photo que je retrouve en butant par hasard dans une valise pleine de carnets et de souvenirs.

Quelques photographies ratées et non facturées, mon carnet de l’été 1996, quelques notes prises sur des feuilles volantes pour un roman futur. J’avais à peine vingt ans, le bac en poche, nous allions marcher au crépuscule pour trouver l’inspiration avec la délicieuse Colette sur la plage de Beaumer, loin des sarcasmes d’une

belle-mère qui ne tolérait pas que l’on puisse préférer s’enfermer pour écrire le jour plutôt que de bronzer, et ma vie s’ouvrait, entre Le Bleu du ciel et La vie est ailleurs, tout était encore à inventer, et mon plus fort désir, celui de l’écriture, ne m’a finalement jamais quitté.

Juillet 2016. Le même désir d’écrire toujours aussi fort. Vingt étés plus tard. Tout est encore à inventer. L’été à nouveau. Mon moment privilégié. Deux mois de « chambre à soi ». Démarre demain quand le cercle de la nouvelle lune disparaîtra totalement du ciel. Parfois, peut-être, au milieu d’une angoisse nocturne, je me lèverai pour vous donner signe de vie sur cette zone d’autonomie virtuelle qu’est L’EPIPHYTE. Belles vacances à tous. AL

beaumer1996
beaumer2016
Diptyque plage de Beaumer
argentique 1996 / numérique 2016
© Aurore Laloy

Crue, ce qui me reste du printemps 2016

Ce – Moir – est ce qui me reste d’une exposition collective de polyptyques de dix femmes artistes orchestrée par Rugiada Cadoni à l’Espace Secret à Paris où je présentais, installé à l’arrache sur un arbre – poutre, un cadavre exquis sonore de confessions sur la forêt à écouter sur cassette.

Pendant ce temps-là, au-dehors, la Seine était en crue et débordait de son lit. Bonne nuit. AL

Sylvia sur larbre poutre
Crédit photo @ Service des Urgences Poétiques